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JANVIER 2005
TRANSLATION

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Exposition du 12 au 22 janvier 2005

Evénements/performances les samedi 15 et 22 janvier de 17h à 20h.

Un projet de l¹Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris et de la Kamla Raheja Vinyanidhi Institute of Architecture de Mumbai (Inde), sous la direction de Vincent Barré et Richard Deacon avec :
ARIANE BARRET, GAEL COMEAU, NICOLE CUGLIEVAN, NELLI DAVID, NICOLAS DUSOLLIER, CLAIRE FOUQUET, NICOLAS GIRAUD, MARILYNE GRIMMER, KARIM HARICHE, NATALIA JAIME-CORTEZ, MAYURI JOSHI, AMIT KALE, JULIEN LAFORGE, PRAJAKT PATIL, MATHIEU PILLAUD, HEMAL SANGHVI, JOSEPH SEROUSSI, KAUSHA SHAH, JANINE SOENENS, SUPRIYA THYAGARAJAN

«A Mumbai, nous avons été fascinés par la facilité avec laquelle les plus grands contrastes ­ de richesses, d'usage, d'environnements, ainsi que des perceptions contradictoires ­ peuvent cohabiter. Une expérience de l¹hétérogène que nous voulons partager.
A PUBLIC, les murs glissent par une translation de l'espace qui décale notre regard, le décentre. Sur ce nouvel espace d¹accrochage se joue une saturation, une surabondance de propositions hétérogènes à l¹image de ce que produit cette grande ville indienne.»


Cette exposition est le fruit d¹une rencontre entre 14 artistes de l¹ENSBA et 6 architectes jeunes diplômés du KRVIA. Un séjour de travail intensif à Mumbai en mars-avril 2004 s'est conclu par une exposition et des travaux collectifs à l¹Institut d'Architecture.
PUBLIC accueille aujourd'hui le second volet de ce projet : une présentation parisienne avec le recul et la distance qui permet à chacun d¹intégrer cette expérience dans sa propre pratique.

Merci à Anirudh Paul, Rohan Shivkumar et Kaushik Mukhopradyia de l'Institut d¹Architecture, le collectif d'artistes Open Circle, Jehangir Jani, Vivan Sundaram ainsi que Patrick Deyvant de l¹Alliance Française de Mumbai.

Merci également au directeur de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts Henry-Claude Cousseau ainsi qu'à Gaïta Leboissetier Directrice des enseignements et les services de l'Ecole.

Public bénéficie du soutien de la DRAC Ile de France.

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FEVRIER 2005
Le Principe d'incertitude

LE PRINCIPE D'INCERTITUDE

Leonor Antunes / Karina Bisch / Marie-Jeanne Hoffner / Guillaume Leblon / Evariste Richer

Exposition du jeudi 3 au samedi 26 février 2005

S’inspirant de la notion de physique quantique théorisée par Werner Heisenberg en 1925 pour désigner la part d’imprécision de certains calculs scientifiques – notamment celui de la vitesse d’une particule proportionnellement à sa position – le terme de « principe d’incertitude » est ici exploré au sens métaphorique pour la contradiction qu’il soulève entre un système et sa part de contingence.

En regard notamment des étalons historiques du Musée des arts et métiers situé à proximité de Public> qui, quant à eux, tentent de déterminer de façon rationnelle une mesure en tant que référent normé, les sculptures et les dessins des artistes ici rassemblés interprètent au contraire la mesure de manière toute subjective.

Plus que le sujet de leurs oeuvres, la mesure est un élement constitutif du processus de travail de Leonor Antunes, Karina Bisch, Marie-Jeanne Hoffner, Guillaume Leblon et Evariste Richer. Leur façon de se représenter le monde procède par des indices aux échelles variables, non homothétiques, évoluant de l’échelle 1 du réel à celle du croquis ou de la maquette puis à celle de l’oeuvre exposée. De même, ils appréhendent l’espace tantôt par fragments, tantôt replié, par des formes qui incitent le spectateur à le recomposer ou à le déployer mentalement.

La mesure se trouve ici ré-estimée avec humour pour en souligner l’absurdité, et avec une approximation volontaire, de mémoire ou à l’aveugle. Nous amenant à observer précisément cet écart entre la mesure comme norme et son inteprétation, ces ¦uvres agissent ainsi comme de nouveaux outils de mesure du monde.

- Leonor Antunes est née à Lisbonne en 1972. Elle est actuellement en résidence à la Künstlerhaus Bethanien à Berlin.
-
Karina Bisch est née à Paris en 1974. Elle est actuellement en résidence à la Rijksakademie à Amsterdam.
- Marie-Jeanne Hoffner est née à Paris en 1974. Elle travaille à Châteauroux.
- Guillaume Leblon est né à Lille en 1971. Il travaille au Kremlin-Bicêtre.
- Evariste Richer est né à Montpellier en 1969. Il travaille à Paris.

Une proposition de Marianne Lanavère.

Public > Enfants
Public> propose des activités pédagogiques pour les enfants, sur le mode ludique, l’observation et le dialogue permettant de découvrir la création contemporaine.
Mercredi 16 février et mercredi 23 février 2005, en présence de l'artiste Evariste Richer
Pour les 6 - 11 ans - activité gratuite - durée : 1h30
Inscriptions auprès de Marie-Jo Bérengier

Cette exposition est réalisée avec le soutien de l’Instituto Camões à Paris – Centre culturel de l’Ambassade du Portugal en France.
Les oeuvres de Karina Bisch, Marie-Jeanne Hofner et Evariste Richier ont été produites grâce aux «primes d’encouragement à la création» de la Ville de Paris.
Nous remercions pour leur aide : Cécile Allouis au Palais de Tokyo, Paris; Fátima Ramos, Conseillère des Affaires Culturelles à l’Ambassade du Portugal en France et directrice de l’Instituto Camões, Paris.

Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile-de-France/Ministère de la Culture et de la Communication et de la Mairie de Paris.

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MARS 2005
AMBASSADOR

AMBASSADOR

Jos De Gruyter & Harald Thys
Geert de Mot
Olivier Foulon
Willem Oorebeek
Eran Schaerf
Michael Van den Abeele
Loic Vanderstichelen & Simon Bakes

Une proposition de Etablissement d’en Face

Exposition du samedi 19 mars au samedi 2 avril 2005

Etablissement d'en Face est un centre d'art contemporain autogéré à Bruxelles. Dans l’ordre des affinités organisationnelles et substantielles que nous entendons nouer avec Public>, nous avons décidé que l'échange de vive voix sur nos orientations spécifiques devait être affermi par une exposition sur place. De telles expositions exportées ont pour vocation de mettre nos modes de pensée à l'épreuve d'un public inaccoutumé. Ces expositions d’exportation sont conçues comme des devantures, un aperçu de nos programmations.
Etablissement d'en Face, à l'occasion du 175ème anniversaire de la Belgique, propose de délocaliser une exposition à Paris. Le point de départ est que la Belgique, en tant que construction fédérale, est un Etat dont l'identité est perpétuellement définie du point de vue d'un autre. Autrement dit, c'est un Etat sans identité nationale. Isoler les déterminations catégoriques et pertinentes de ce que serait l'identité belge ne fonctionne pas. Et si celle-ci devait être circonscrite, on ferait mieux de s'en tenir à l'instauration d'un cadre ouvert. Le terme exotique “Belgitude” de plus en plus exploité dans le monde de l'art n'est en essence rien de plus qu'un substitut d'esbroufe là où fait défaut un véritable “mythe d'origine” national. Cette exposition ne propose donc certainement pas un improbable échantillonnage de l'Art belge (certains artistes n'ayant pas même la nationalité belge).

Typique de cette assignation identitaire du point de vue de l'autre est la figure de Tintin. Au premier chef, Tintin est un personnage de bande dessinée, une entité à caractère faible, voire à caractère nul. Tintin, c'est Haddock, Tournesol, les Dupont et Milou. Tintin en soi est un signifiant vide. De surcroît, il y a la détermination géographique, la destination des voyages : Tintin excentrique. Là où il est écrit “Tintin au Congo”, “Tintin en Amérique”, il serait plus juste de lire “Tintin” EST au Congo, Tintin EST en Amérique. Il n'existe que parce qu'il a son centre en dehors de soi. Au Congo, en Amérique, au Tibet, au Pays de l'or noir, et finalement à destination de cette périphérie absolue, la lune. Cela, au contraire du lieu de départ, qui est systématiquement passé sous silence.

Un chauvinisme et un patriotisme laconiques jusqu'à l'absence sont les caractéristiques principales de la population belge au regard de leur pays. Ce n'est que sous la menace (par ex. du séparatisme) que ce pays non-national pourrait paradoxalement générer une forme de patriotisme nationaliste. Quand on voudrait nous dépouiller de ce que nous ne possédons pas. Le 175ème anniversaire de la Belgique est pour nous l'occasion de fêter et de faire venir au jour cette intrication hautement confuse de compromis, de contradictions et de compensations.

Etablissement d'en face, Bruxelles
http://www.etablissementdenfaceprojects.org

Etablissement d'en Face est soutenu par le Vlaamse gemeenschap, le VGC et Vedett.
Public> est soutenu par la DRAC Ile de France et la Mairie de Paris.

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AVRIL 2005
EGGNOGS & FLIPS

EGGNOGS & FLIPS
Fiona Jardine, Lili Reynaud Dewar

Exposition du 16 avril au 7 mai 2005

Vue de l'exposition - Cliquer sur l'image pour voir un agrandissement
Vue de l'exposition - Cliquer sur l'image pour voir un agrandissement
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Eggnogs & Flips est le nom d’un cocktail à l’oeuf typiquement british dont la recette n’est plus connue que de rares barmen amateurs. C’est aussi le titre énigmatique de l’exposition de Fiona Jardine et Lili Reynaud Dewar à Public>. Flip, c’est la pichenette, à l’image du geste qui pousse le jaune d’oeuf dans l’alcool. C’est aussi le revers, l’autre face. Sur la base de ce mot, la structure même de l’exposition peut être reliée à ce geste habile. Le flip tient dans le choix aussi bien conceptuel qu’arbitraire d’agencer l’exposition selon une symétrie en miroir. La symétrie est construite autour d’une diagonale abstraite tracée dans l’espace. Appliquée avec rigueur, elle impose de l’extérieur une articulation binaire à des oeuvres très différentes. Contrainte formelle efficace, la symétrie en miroir crée l’image globale d’un décor redoublé.
Doubler une oeuvre d’art, c’est déjà entrer dans une série en en postulant la reproductibilité technique. Mais chaque doublure étant ici le reflet de l’autre, les "couples" sont imparfaitement identiques. Fiona Jardine et Lili Reynaud Dewar, l’une peintre, l’autre sculpteur, ont en commun d’utiliser des procédés manuels au service de finis précis à l’aspect usiné. Cette manipulation n’exclut donc pas de légères imperfections de surface. Les artistes jouent manifestement avec cette contradiction apparente à produire à la main en série des objets lisses à la manière d’artisans qui auraient l’usine pour idéal.

Fiona Jardine utilise des supports facilement reproductibles tels que posters imprimés ou wall paintings. Ses compositions empruntent leurs motifs à l’imagerie publicitaire du luxe (packagings de parfums, design high tech, plantes exotiques rares) et combinent des matériaux contrastés : dessins, collages et découpages minutieux d’images en couleurs, photocopies noir et blanc détourées, dégradés peints à la gouache, aplats de faux bois… Dans ses posters, des objets flottent sur des fonds indéterminés, les couches successives étant unifiées ensuite par l’impression. La composition acquiert alors un aspect digitalisé au charme suranné typique d’un usage immodéré de l’outil lasso sur Photoshop. Sur les murs de l’exposition, un wall drawing biface dessine les contours d’une féminité exacerbée : des jambes en marche chaussées de hauts talons, écrasant l’ensemble de leur présence massive. Posée sur une trame de lignes géométriques aux couleurs pastelles, l’image évoque globalement le stylisme des accessoires de tennis pour jeunes filles. Agrandie aux dimensions du mur, la figuration vire en un motif purement graphique. L’image joue sur une tension entre le choix précis d’une image figurative empruntée au répertoire de la mode et un graphisme hyper stylisé aux priorités purement ornementales.

Sur ces murs, deux longs reliefs monochromes semblent léviter. Carabo Carabo sont deux sculptures de Lili Reynaud Dewar dont le titre est emprunté à leur modèle d’origine, la voiture de sport éponyme conçue par les studios Bertone en 1968. Les lignes de cette voiture ultra sophistiquée obéissent à une rigueur fonctionnelle et incarnent une vision datée d’un design futuriste. Reproduction à l’échelle un, la sculpture a englobé son modèle au point de le déplacer dans une représentation biface, en coupe, légèrement surélevée. Version sculpture, la forme est réduite à l’essentiel et rien ne permet plus de l’identifier à une voiture. La Carabo de Bertone s’est éloignée dans une représentation sculpturale. Elle n’est plus qu’un motif opaque vidé de ses détails techniques. Retour à l’état non fonctionnel de l’objet dans une exposition d’art, les deux masses ont perdu leur force d’action et entrent dans un mode générique plus proche du projet, du moule ou de la silhouette : une abstraction sortie de la rigidité de la matière carrossable, un relief uni, anti-fonctionnel, anti-design. Il n’est pas innocent qu’une artiste femme prenne pour modèle cet objet incarnant une vision sexiste du désir féminin pour la machine. Elle condense le fonctionnalisme de son design industriel en les lignes fortes le pliant ainsi à d’autres codes prioritaires : ceux de la sculpture dite moderne alliée à la décoration d’intérieur. Le futurisme sexy et sportif des années 70 est passé au filtre des normes ornementales de la sculpture d’intérieur doublées d’un ordre artisanal au minimalisme cistercien. L’objet catalyseur de ces tendances opposées est une sculpture fragile, matte, d’un jaune passablement désincarné à la surface poreuse, presque poudrée.

Au sol, deux boules identiques respectivement intitulées Objet d’Intérieur pour la Floride et Objet d’Intérieur pour l’Arizona sont un autre genre d’unité matériologique, à la nuance près qu’elles sont composées d’un matériaux mixte : des couches compactes de contreplaqué. Cette forme géométrique simple à motif strié et son procédé de fabrication systématique permet un doublon formellement parfait (à l’exception près que l’une d’elles cache une légère marque de distinction : une bande brune de plexis teinté à ces couleurs). Réalisées avec des matériaux communs de construction qui sont ensuite travaillés, tournés, polis avec minutie dans un processus sculptural classique, ces deux sculptures en bois sont aussi des objets démesurés de décoration d’intérieur, précieux, chaleureux, pratiques même. Étrange synthèse entre des codes de la sculpture et du décoratif, elles ouvrent un genre nouveau : celui de la « sculpture d’intérieur » dont plus la modeste charge programmatique serait d’être assortie aux tonalités colorées d’un appartement typiquement côte Est américaine…

L’exposition amplifie les contrastes esthétiques qui tirent l’ensemble aussi bien du côté du caprice décoratif que de la réflexion critique sur les codes du décoratif en sculpture et en peinture. Cette exposition affirme sa force d’apparat dans un jeu d’agencement entre silhouettes d’objets et lignes graphiques.
Les deux artistes usent de formes spécifiques issues du design ou de l’imagerie de consommation de luxe à la manière de modèles pour leurs oeuvres. Décontextualisés, ces modèles d’origine ont la particularité de s’adapter facilement au champ de l’art : leurs formes et leurs motifs glissent sur les codes admis en sculpture et en peinture. Leurs oeuvres sont alors le terrain d’expériences sur le modèle, la couleur, la forme, le dispositif. Elles synthétisent le pouvoir de séduction de leurs univers d’origines et un idéal moderniste inscrivant l’autonomie de l’oeuvre dans des problématiques propres au médium. Leurs oeuvres, dans une relation très opaque à leur modèle d’origine, portent l’histoire de leur dérivés formels. Cette réflexion sur la sculpture et la peinture en elles-mêmes et sur leurs poncifs, passe par des usages subjectifs et anecdotiques de l’objet. L’exposition renvoie directement à l’usage bourgeois d’un art abstrait décoratif rehaussé, avec un certain humour, par l’usage de matériaux contemporains. Ces oeuvres quasi-abstraites à l’accroche figurative n’hésitent pas à plonger dans des délires ornementaux ou des maniérismes de fabrique. Les procédés critiques mis en oeuvre dans cette exposition jouent avec une pointe d’ironie sur cette catégorie de l’exposition d’intérieur.

Emilie Renard

Fiona Jardine vit à Glasgow.
Lili Reynaud Dewar vit à Nantes où elle suit le post diplôme de l’Ecole des Beaux Arts.
Elles ont suivit ensemble le programme du Master of Fine Arts de la Glasgow School of Arts en 2001-2003.

L’exposition a reçu le soutien du British Council et de l’Ecole des Beaux Arts de Nantes.
Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile de France et de la Mairie de Paris.

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JUIN-JUILLET 2005

JOHNNY VINGT-TROIS
David Cousinard & Sarah Fauguet
Exposition du 3 au 23 juillet 2005.

Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition

Johnny vingt-trois est un dispositif sculptural complexe. Il fonctionne à la fois comme un décor pour des sculptures et étend ses dimensions sculpturales à la totalité du lieu d’exposition, les parties et le tout se superposant en un fondu enchaîné.
Divers traitements sculpturaux cohabitent ici : moulages rudimentaires en plâtre d’objets à échelle un (postes informatiques et plantes), objets traités selon des codes ornementaux inappropriés (masses en bois aux moulures typiques d’un mobilier Louis Philippe posées sur des pieds d’animaux empaillés), trompe-l’oeil répartis sur toute l’architecture de l’exposition (surfaces vieillies et traces d’humidité, éclairage terne d’un ascenseur de hall d’hôtel…), l’ensemble tendu par quelques dangereux disfonctionnements (câblages électriques en cuivre, télés de surveillance et réseau d’eau en circuit fermé). Une paroi vitrée laisse entrevoir une arrière salle inaccessible. Le spectateur se trouve partiellement intégré dans un dispositif visuel imposant et rejeté d’un espace à l’atmosphère d’une violence sourde. Face à cet agencement minutieux, il est tenté d’adopter l’attitude d’un enquêteur explorant différentes hypothèses contradictoires. Ici, plusieurs activités ordinairement incompatibles semblent s’être croisées. Une certaine irrésolution naît alors d’un sentiment à la fois d’une radicale étrangeté et d’une familiarité avec la scène figée. Dans cet espace équivoque, toute logique linéaire est immédiatement désamorcée par divers glissements, ruptures et télescopages.Un cadre narratif ouvert est amorcé. Plus qu'un récit, une intrigue se noue entre les sculptures, les objets et les accessoires qui apparaissent comme les excroissances d'un système fictionnel. Dans cette scénographie au caractère illusionniste, tout objet devient un indice plus ou moins réaliste, articulant plusieurs scénarios possibles. Par un effet de réciprocité, le décor sert de caisse de résonance et d'espace de projection aux sculptures présentées.

L’exposition balance entre l’abstraction d’un espace de projection mentale et l’expérience physique d’une installation globale, jouant avec l’illusion d’un décor peu plausible. Dans Johnny vingt-trois, "les hiboux ne sont pas ce que l’on croit"…

David Cousinard (né en 1976) et Sarah Fauguet (née en 1977) vivent à Paris et sont diplômés de l’ensb-a en 2001.

Public> enfants : Visites pour les enfants de 6 à 12 ans. Visite gratuite avec Marie-Jo Bérengier et en présence des artistes, à 14h30 le mercredi 8 juin.

Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile de France. L’exposition a reçu le soutien de la Mairie de Paris et de l’ensb-a.
Merci à Bernard Portail, www.tournage-sur-bois.fr -Exposition annoncée dans Paris-Art.com

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OCTOBRE-NOVEMBRE 2005

STORYLINES
Ursula Döbereiner, Erik Göngrich, Zilla Leutenegger, Elke Marhöfer, Joel Mützenberg, Michaela Schweiger, Maya Schweizer, Kristina Solomoukha, Sofie Thorsen, Barbara Trautmann
Sur une proposition de Ulrike Kremeier, //plattform//, Berlin

Du 14 octobre au 10 novembre 2005

« L’exposition “storylines" se concentre sur les différentes interprétations artistiques du quotidien à travers le médium du dessin.
Il s’agit pour ces artistes de représenter le paysage urbain, l’architecture et une nature domestiquée, comme des espaces d’actes sociaux quotidiens. Pour cela, ils ont recours à la fois à des stratégies d’illustration documentaire mais aussi à une structure narrative d’ordre cinématographique.
L’exposition rassemble des œuvres racontant des bribes de réalité quotidienne, sans toutefois produire une histoire linéaire, forcément lisible. Le spectateur se trouve plutôt face à des images typologiques, dépeignant des situations répétitives d’existence, sur un fond de société commune à tous ».
Ulrike Kremeier.

Fondé en janvier 1995 par Ulrike Kremeier, //plattform// est un lieu non commercial, indépendant, pluridisciplinaire, dédié aux projets d’artistes et de curators. Il favorise la production et la diffusion de la jeune création allemande et européenne à travers des expositions personnelles ou thématiques, des présentations de travaux d’artistes, des projections de vidéos et de films ainsi que des débats. Installé depuis 2002 au cœur du quartier de Mitte aux côtés des galeries, partie prenante du renouveau culturel de l’est de la ville au milieu des années 90, il bénéficie d’un statut de lieu alternatif incontournable à Berlin.

Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile-de-France et de la Mairie de Paris
Partenaire médias : paris-art.com

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NOVEMBRE-DECEMBRE 2005

“INHERENT DISCREPANCY”
Jos Näpflin (Suisse), Vittorio Santoro (Italie/Suisse), Bojan Sarcevic (France), Miri Segal (Israël), Ursula Sulser (Suisse)
Une exposition de Daniel Kurjakovic, Zürich

Du 18 novembre au 17 décembre 2005.

L’exposition « Inherent Discrepancy » réunit des œuvres qui traitent de scénarios politiques, éthiques, historiques et médiatiques. Toutefois, ces derniers se présentent non pas de manière illustrative mais plutôt sous formes d’allusions et d’échos. Dans ce sens, un fort accent est mis sur les processus de décodage et de codification tels qu’ils apparaissent en tant qu’œuvres.

Il existe des scénarios dans lesquels les « signes des temps » sont clairement lisibles, par exemple dans les cas où la situation est fortement chargée et polarisée, surtout au niveau idéologique. En revanche, ici, les artistes ne se réfèrent justement pas à cette sorte de scénarios, souvent déjà médiatisés et de ce fait liés à des images stéréotypées et à une rhétorique rabâchée. Les oeuvres évitent l’iconographie sociopolitique conventionnelle ainsi qu’un symbolisme spectaculaire qui caractérisent en grande partie l’art dit politique ou engagé. «Inherent Discrepancy» se dédie à des scénarios dont les « signes des temps » sont ambigus ou en suspens. Autrement dit, il s’agit d’examiner une conception plus large du sociopolitique qui ne s’appuie pas seulement sur des motifs et thèmes, mais qui vise, en dépassant des contenus éventuels, les signes comme tels, qui médiatisent ou rendent visibles des questions et problèmes dans le domaine sociopolitique.

Le regard se dirige donc vers des états et rituels encore dépourvus de la signalétique du politique. S’ouvre en conséquence la dimension de la vie quotidienne et plus particulièrement celle de ses rituels, écartant l’espace de la représentation publique des médias de masse où les thèmes sont déjà formatés, exaltés et mis en scène.

Dans son œuvre « Systemoid : Atlantic Cycle » (1997/2005), faite de plusieurs films plastiques entassés et de différentes couleurs, Jos Näpflin (1950, Suisse) aborde le sujet de l’espace global. Ce dernier, perçu, par exemple dans une perspective néolibérale, comme ouvert et lisible, s’avère néanmoins plus sombre et plus ambigu que ne le veulent les concepts urbanistes, de la communication sociale et touristique. Ainsi, il émerge un sentiment diffus d’interconnexion et de déracinement, dans lequel circulent des nouvelles privées et publiques. Avec ses dessins en crayon, Vittorio Santoro (1962, Italie/Suisse) déconstruit des contrastes idéologiques, politiques et anthropologiques. En effet, il juxtapose de façon distanciée des termes binaires tels « Fear » et « Applause », « European [Banalities] » et « American [Banalities] » «Hysterie » et « Ideologie ». Le fait que les mots proviennent souvent de contextes concrets, voire spectaculaires (les attaques du 11 septembre 2001, la campagne électorale aux Etats-Unis, etc.) n’est pas pour autant visible sur les dessins, à peine le devine-t-on. Bojan Sarcevic (1974, France/Bosnie) présente la sculpture « You have nothing of me but a space where I would be » (2005), qui n’évoque d’abord pas de scénario éthico-politique. Et pourtant, en raison de sa structure filigrane, du jeu complexe entre équilibre et déséquilibre et de sa dialectique entre absence et présence, l’œuvre peut se lire éventuellement comme allégorie d’une vigilance subjective et sociale. L’installation vidéo « Downcast, Autumn Dale » (2004) de Miri Segal (1965, Israël) traite des effets de la division interne de la société israélienne à travers un portrait quasi documentaire, non psychologique et finalement détaché du lieu, lequel se consacre à quelques personnes qui déambulent, comme perdues dans la rue d’un quartier spécifique à Tel Aviv. Basée sur des recherches in situ, la projection vidéo « Achilli » (2005) d’Ursula Sulser (1964, Suisse) est le résultat de nombreux processus d’analyse et de manipulation d’images ainsi que de subtiles interférences visuelles. Sur l’île Skyros au nord d’Athènes, restée déserte, se déroule un épisode de la mythologie grecque : déguisé en jeune fille, Achille est caché dans un palais par sa mère ; grâce à une ruse, Odyssée parvient à le découvrir et l’emmène à la Guerre de Troie. Toutefois, ce scénario de guerre se voit presque entièrement caché par une séquence d’images méditatives et hallucinogènes.

ART ENGAGE ?
Discussion : le 30 novembre 2005, à 19 heures
Au sujet de cette exposition et en particulier d’alternatives pour un art engagé au-delà de l’iconographie sociopolitique conventionnelle et du symbolisme spectaculaire et médiatisé, une discussion aura lieu avec Chantal Pontbriand, éditeur-en-chef de PARACHUTE, Montréal/Paris ; Ami Barak, Direction des affaires culturelles, Département de l'Art dans la Ville, Paris, et avec Giovanna Zapperi, historienne d’art, Paris. Direction de la discussion : Daniel Kurjakovic.

Daniel Kurjakovic est curator indépendant à Zürich. Critique d’art, il enseigne à l’Université des Beaux-Arts de Zürich et à l’Ecole des Beaux-arts de Genève. Il dirige depuis 1995 les éditions Memory Cage.

Public> bénéficie du soutien de la DRAC Ile-de-France et de la Mairie de Paris
L’exposition a été réalisée avec le soutien de Pro Helvetia, de la Fondation Erna et Curt Burgauer, de la Fondation Nestlé pour l’Art et du Département de la Culture de Zürich

Partenaire médias : paris-art.com

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